Une fâcheuse rencontre
Bougie à la lueur demeure
ce soir même ténue flamme
espoir mince
face au labeur d'une face pétrolifère
vide de sédiments or-iginaux
s'échinait à dévisager mes papiers
nulle n'a le droit
de transpercer
comme une flèche
un appas à gibier me sentais-je
qui dépèce parfois l''âme
chasse aux baleines
c'en est assez j'étouffe
de l'inquisition à l'orthopédie
j'exige l'oeuvre au noir
d'une Marguerite
pour mise en désordre alchimique
c'est-à-dire en harmonie
avec aime et les cinq éléments
c'est moi qui aurait ta peau
charpente en métal brûlant
privée de coeur et de bons sens
implose vers le bas
je te livre mon plus bel explosif
mes envolantes volutes
insurrection poétique
tu seras perdue pour la vie
qu'ils soient gisants récifs
pendus haut et court
ces gibiers de potence
à angle droit
qui prolifèrent
je me sens détenue
encore dans son cabinet sale
prisonnière de l'infâme
et j'ai mal à ma liberté d'être folle
Le glas
Jamais fleur
n'a vu plus inclose
que cette marguerite là
à la folie pas du tout
que cette pantomime là
reste le vouloir-vivre
qui ne se partage pas
désadhérence
connu pour le film
the artist salle obscure
x serait l'indice
d'un défilé de lingerie
abattement circonscrit
sonnant le glas de l'épicerie
fermée tel un porte-manteau
intro pas extra
visiteuse à l'arrache
vole bas très bas
la rage de me voir
enfouillée de force
l'absence
Le grain m'est de pluie
sans plus lisser ma rancoeur
soleil absent de l'émission
puis neutre tordu le coeur
noeuds de marins émiettent
indissoluble portante
ramasse tes miettes à la volée
et sonorise à temps sans mon toi
essuie ta main dans la mienne
de cette substance fiévreuse
amène l'aime en fièvre
sustente les éclats du soleil
ronde abaissée, inondée
sillage tracé puis effacé
je ne te suis plus que moi
où es-tu ?
de notre rencontre chimérique ?
venteuse vs ventrue douce-amère
un brin de folique
raconte l'absence
l'écho est démultiplié
dans cette cave humide
la musique a parti-liée
avec ce silence absurdité
et pourtant le noeud du marin
lorsqu'il est amarré
est chef-d'oeuvre et deux mains
pour t'enlacer de mille baisers
Seizing the day
too emotionnal a within day
tastely puzzling my lot
swallowing cannot
seizing unknown way
entwined in my mouth
breath taken
cuddling words smooth
especially bright is the sun
criss-cross chess
turning into hope
thrilling teddy bone
shaking schweppes
riding a forgotten meal
fortunate and lost
always awakening
the feeling of, yours
Pour Olöf
Ma copine là-bas
grande bigaremment
munie minuit circuit solaire
qui agite palpitant
renoue clou-doucement
le noeud défait
en fils dorés
timbrés étonnement
nos ouvrages-messages
sonnent présageons
le cosmos mât
matelas de l'horizon
en un rythme-cycle angélique
cultivant rateau gargantuesque
le sang rafflue l'anémique
avec toi
Lost
La tasse de café m'a échappé des mains
de même que le destin
que je remets à tort
entre tes mains
valse-attente
ingrédients
fantasmes et rêves mêlés
il n'y a pas d'amarrante
je suis perdue
entre ciel et terre
sans famille, ni amis
je ne vois pas dans le puits
le chemin
est éclaboussé
d'incertitudes
noires et notoires, vain
j'ai peur que la solitude
ne vienne
me mettre à mort
en achèvement de décrépitude
je cherche une main
qui m'indique le geste
d'un demain échevelé
la chanson de geste de demain
je n'ai pas d'avenir
sans l'autre
à l'assaut à deux
du devenir
j'involue
à feu et à sans
My sweetie covered pie
the indie hurt
was bound to be
a velvet patcheart
gradually softest
the orbital
with some grinding
so what ?
a blast mainstream
little tears little rain
within some time
that dries the pain
your tissues my blanket
A shortcut in between
your delicious body
thinness skin responding
thinness cuddle give
healing on wings
we fly
endlessly we are flying
body and soul my sweetie pie
i cover you with warm patels
unspoken tales
that hide a secret
you do the s'aime
safe the don't worry
i can't escape
until we meet
flesh embrace
trust the secret
of healing
Feu rouge, STOP !
Je m'identifie depuis trop longtemps
à boule de fé-mur
en tignasse adjointe
la nuit en effets
que je ne suis pas
non je ne la suis pas
moi suie noire à l'arrêt
c'est l'ombre et la lumière
en commun pourtant
au clair-obscur
de la lune de nos baisers intérieurs muets
intrinsèquement je t'aime
intrinsèquement
cent bosses sèchent au zénith
sans l'éclairage
dorée de ton pouvoir
de transmutation
j'erre avec but impossible
dans ce désert sans goût, désuet
me surabondant d'absurde noir
absence-absinthe
je sais la rencontre impossible
oublie toi en moi sans attendre Mai
non, pas par là
trop de doxa sur le canal
moi à terre quand tu voles
je rampe aujourd'hui, j'originais
originalement tu m'as répondu deux fois
puis bloquée, stoppée
j'erre dans ton non
qui dit parfois oui, mais
me mêt à l'arrêt
je swingue certes
avance en reculant
tout en avançant sans élan
mais tu te tais
boule de fée
tu me tournes en rond
point d'une bouc émissaire
ne désiré-je
je sors de la perspective ici
je ne pas peux avancer ce pendant
à force de piquants
en féroces hululements
je reste sans voie à attendre
quand tu t'échafaudes la voix
je suis assoiffée
Demain matin -old piece revisited
Demain matin.
L'adjectif divin : l'au-delà de soi.
Ce pourrait être l'autre, vers lui tout au moins.
L'au-delà de soi dans le temps aussi : demain matin.
Dans la frange en deçà de l'au-delà et hors de moi, en marge du connu et qui frôle l'inconnu.
Le pas en avant que je fais avant que mon pied ne touche le sol.
Ce petit transport loin des grands transports de la joie et de l'allégresse, loin aussi de ceux de la mélancolie et de la dépression.
La somme de ces grands transports évoquent la tête qui tombe quand ils sont sans objet et anachroniques. Et apparemment ils peuvent l'être sans objet sauf à conjuguer l'adjectif divin sur le mode de la parole et de l'immanence -belle compréhension en cours où le futur proche jouxte le présent. Sous la forme du communicable et sur le fil d'une dimension diachronique l’adjectif divin avoisine l'art.
Oui, Camille, la musique est belle à qui sait l'écouter avec cette oreille là.
Loin aussi les petits transports de la transcendance anthropomorphisée à des fins idéologiques souvent.
Doter l'inconnu d'un projet, de sentiments et de volonté n'est- ce pas remplir l’autre du même ? La pire insulte faite à la spiritualité ce n'est pas la matérialité qui est son pendant nécessaire c'est le divin endimanché, le dogme.
L'adjectif divin exprime l'esprit de la poésie pure au sein d'une niche de sensibilité fine et travaillée.
La violence est dans la liaison causale, même involontaire, les totalitarismes aussi. L'adjectif divin, lui, qualifie. Il n'explique pas. Si l'adjectif divin est une dimension c'est celle de la conception impossible de cette violence. L'absence de virilité en effet. Il y a à apprendre du féminin, de cette révolution à éclore dont les prémisses existent.
L'entre-deux de la qualification, ce petit mouvement existentiel comparable à un transport éthique vers l'autre et le monde est contigu au féminin et lui donne son allant, sa lumière particulière. Le pas que je fais en direction de c’est autre que je ne peux encore nommer, au-delà de moi, je ne peux le faire dans l'obscurité. La lumière du féminin source d'intelligibilité du réel et modèle de la rencontre éthique, bien que liée à l'intimité de l'être, n'advient que dans un monde qui a pour cadre l'univers et où l'humain est à l'image des quatre éléments.
L'alchimie de mon corps, cette niche de sensibilité fíne et travaillée, est faite de cellules homogènes à la composition de l'univers et il serait négligeant de ne pas considérer l'importance des interactions qui nous relie à lui ne serait-ce que sur le plan de l'énergie. Si l'esprit de la médecine chinoise et sa conception du corps comme étant traversée de méridiens, véritables canaux d'énergie, est convoquée ici c'est précisément que je suis en bonne santé.
Je ne rejoue pas sans fin mon histoire dans le cadre conflictuel du microcosme familial mais en accord avec le monde physique, en accord aussi avec l'histoire de l'humanité par la structure ADN de mes cellules sur lesquelles sont imprimées les circonvolutions de l'espèce humaine.
Et le pendant social de mon existence n'est pas le fruit d'un déterminisme de type Darwinien et de la théorie caduque de l'évolution de son auteur au terme de laquelle l'homme se voit consacré comme l'être supérieur aux dépends de la femme car il existe un arbitraire de la position sociale. L'injustice est gratuite et chercher à la justifier à des fins idéologiques revient à justifier l'existence du mal.
Le petit transport de l’appréhension me rend plus belle parce que je suis une femme et que j’existe dans mon corps traversé, modelé et orienté par ma pensée et mes schémas affectifs d’abord pour moi-même. Mon corps comme façon d’autodétermination est le mouvement inaugural d’une pensée libre d’inspiration féminine dont la femme n’a pas le monopole, l’homme non plus.
Demain Matin est l’autre nom d’une utopie de l’humain qui, trouve parfois à s’actualiser. L’œuvre ethnologique de Claude Lévi-Strauss ici intéresse et particulièrement un passage de « Tristes Tropiques » représentatif peut-être de ce petit transport de l’a(com)(p)préhension éthique de l’autre et du monde : « Que le miracle se produise, que, de part et d’autre de la fêlure, surgissent côte à côte deux vertes plantes d’espèces différentes, dont chacune a choisi le sol le plus propice ; et qu’au même moment se devinent dans la roche deux ammonites aux involutions inégalement, attestant à leur manière un écart de quelques dizaines de millénaires : soudain l’espace et le temps se confondent ; la diversité vivante de l’instant juxtapose et perpétue les âges. La pensée et la sensibilité accèdent à une dimension nouvelle ou chaque goutte de sueur, chaque flexion musculaire, chaque halètement deviennent autant de symboles d’une histoire dont mon corps reproduit le mouvement propre, en même temps que la pensée en embrasse la signification. Je me sens baigné par une intelligibilité plus dense, au sein de laquelle siècles et les lieux se répondent et parlent des langages enfin réconciliés."
Une certaine qualité de sensibilité (proche de la passivité que réhabilite Emmanuel Levinas) permet à la pensée du chercheur de se laisse informer par son objet d’étude (à la façon dont Le Clézio se laisse informer par son personnage Lalla dans « Désert » :«(...) chaque goutte de sueur, chaque flexion musculaire, chaque halètement deviennent autant de symboles d’une histoire dont mon corps reproduit le mouvement propre, en même temps que la pensée en embrasse la signification. »
Et le récit plus poétique que conceptuel que Lévi-Strauss fait de ses recherches fructueuses attestent de la reconnaissance que le petit transport émotionnel (indice d’une pensée douée de sensations, concomitant à la découverte n’est pas un « obstacle épistémologique » pour reprendre une notion développée par l’épistémologue Gaston Bachelard dans « La Formation de l’ ’Esprit Scientifique ». Nous sommes ici aux antipodes de cette « catharsis de la subjectivité et de la sensibilité » prônée par ce même auteur en matière de démarche scientifique. C’est un témoignage humain que nous livre Lévi-Strauss dans ce passage ou il ne prétend jamais détenir la vérité ultime sur le phénomène étudié (Il n’est pas de monopole de la pensée relative au secret de la nature).
Tous ces éléments entrent en connivence avec une pensée d’inspiration féminine qui suppose une formation de la personne dont le premier aspect est le décentrement.
Le penseur Lévi-Strauss n’est pas le lieu de la première certitude conçue contre un monde dont il mettrait l’existence en doute dans un geste non dénué d’angoisse, ce sentiment étant à l’origine selon Maria Zambrano de l’édification de systèmes de pensée dont la première nécessité est la réassurance « L’angoisse comme exhalaison de toute cette métaphysique - elle vise le père de la métaphysique moderne : Descartes-comme révélation ultime de ses origines (...) d’où sont issus dans leur orgueil et leur clôture tant de systèmes de pensée (... )Le système est ce qui seul rassure l’angoissé, château des raisons, muraille close de pensées invulnérables face au vide » (« Poésie et Philosophie », José Corti, 2003).
Lévi-Strauss a toujours déjà franchi le mur invisible du solipsisme et cela rend la rencontre avec le monde incluant son objet d’étude qu’il qualifie de « miraculeuse » néanmoins possible et pacifique.
Se trouve peut-être une description de l’état psychologique dans lequel se trouve le chercheur en proie au solipsisme objectif dans le roman de Marlène Haushofer « Le Mur Invisible » et celle-ci n’est pas dénuée de pathos. Une inspiration féminine de la pensée souffle celle-ci au-delà du solipsisme. L’intelligibilité du réel et son corollaire : la rencontre avec le monde et l’autre est possible.
Une pensée d’inspiration féminine ou celle-ci aurait le pouvoir de mettre à bas cette muraille close de la façon suivante : en histoire de l’art depuis le Quattrocento le féminin associé à la couleur représente dans la peinture ce qui déborde le trait de l’artiste. Cette « petite insurrection » de la couleur a le pouvoir de sinon le réel du moins sa représentation. Il faut peut-être puiser dans ce pouvoir insurrectionnel du féminin l’au-delà du solipsisme et une force de représentation non totalisante du monde.
Une autre pensée de la sortie du solipsisme est de considérer avec Bracha Lichtenberg le féminin comme une « matrice sans abrogation ni fusion »( « matrix, Halala, lapsus » MOMA Oxford, 1994) c’est- à -dire comme un lieu de passage vers le dehors, l’essence même de l’au-delà de soi, le mouvement physique et sensoriel vers le monde et l’autre ( « Le pas en avant que je fais avant que mon pied ne touche le sol » : « Demain matin »).
Le féminin : le phénomène naturel de l’être-dans-le monde du divers et de la différence permet de comprendre en miroir cet extrait de « Tristes Tropiques » comme un savoir-faire se commuant en savoir-être d’où l’admirable approche du scientifique.
Pour que cette rencontre avec l’autre et le monde n’ait pas l’aspect volatile de l’opinion et des préjugés cela suppose de la part du scientifique une technique d’objectivation de la réalité sociale ou naturelle étudiée. Cette pratique permet d’établir une distinction entre ce que l’on croit et ce que l’on sait c’est-à-dire ce dont il est possible d’administrer la preuve. Ainsi se construit un savoir toujours provisoire par différence avec l’opinion mais aussi avec le concept. Une culture cultivée si l’on veut ou ce qui se repère derrière la diversité des phénomènes ce n’est pas tant les invariants que la cohérence à l’instant t. Cela suppose une pris en compte de la temporalité « (... )Soudain l’espace et le temps se confondent ; la diversité vivante de l’instant juxtapose et perpétue les âges » quitte à en éprouver du vertige, un vertige doublé chez Lévi-Strauss de celui, de la compréhension des phénomènes : « Je me sens baigné par une intelligibilité » plus dense, au sein de laquelle les siècles et les lieux se répondent et parlent des langages enfin réconciliés ».
Le seuil revisité
Lorsque tu seras sur le seuil des maisons en forme de champignons tu apercevras le chemin dont je te parle depuis quelques temps.
Il y a une porte bombée mais les signes de ce monde inconnu que je te tends tu sauras les voir et les appréhender : ce sont autant d'indices qui te donneront la clef de l'indécision qui te retenait prisonnière des limbes.
Tu esquisseras alors un pas vers la primeur des bacchanales avec le sentiment que celles-ci ne sont pas exemptes de beauté et de joie.
Tu seras libérée de cette épaisse couche de brume qui masquait le chemin ne trébuchant plus au moindre obstacle car sachant désormais les deviser du regard.
Tu sauras manier toujours plus de signes qui t'aideront à te représenter en terrain familier parmi les autres.
Ce pays aux paysages fantastiques qui te semblait lointain tu apprendras à en rêver puisqu'il est désormais accessible. Après tout l'on ne rêve que de ce qui est à portée de main...
Plus tard tu te souviendras et appliqueras autant avec mimétisme qu'inventivité les savoir-faire de ton guide.
L'épiphanie représentera pour toi les visages d'un monde qui se dévoile avec soulagement.
Tu te rappelleras alors le chemin parcouru.
Tu assimileras ce fil d'Ariane en une compétence souple et plaisante à toi et autres. Tu seras devenue alchimiste de tes émotions à ton tour car les voies de la jouissance et de la vie ne font qu’un.
La suite du chemin consistera à affiner la gamme de tes inclinaisons sensibles à la mesure de tes rencontres.
Tu remarqueras à ce moment là que des grappes de personne essaient de se ressembler en une norme que tu trouveras vaine car irrespectueuse de cette différence et de cette diversité où la vie trouve sa source biologiquement.
Une norme exerçant son nocif pouvoir de dissonance contre cet élan de solidarité contigu à l'épanouissement individuel.
Alors, tu comprendras que cette idéologie du nivellement aurait pu t'empêcher de trouver un sens à la vie mais tu n'endosseras pas l'habit du prosélyte attendant qu'une personne te choisisse pour se voir confier le relais de l'éveil.
Cet emplacement ne sera pas tant le fruit d'une tension vers un équilibre psychologique ou d'une adaptation par le témoin que la reconnaissance par lui qu'il est un point d'équilibre à actualiser : le lieu de la rencontre des flux d'énergie issus du ciel et de la terre.
Un cycle alors s'achèvera comme le printemps succède à l'hiver : sur le mode du bourgeonnement et de l'éclosion des individualités.



