Elle avait la peau mat et cela contrastait avec les murs blanchis à la chaux de son immeuble.

Cette jeune femme d’environ 25 ans à l’accent espagnol était un peu rêveuse et souvent elle confondait ses voisins.

Ils lui répondaient en souriant car un climat de familiarité s’était installé entre eux.

Elle ne pouvait cependant s’empêcher d’éprouver un sentiment d’étrangeté à l’égard des autres, sans pouvoir se l’expliquer.

Elle était en quête d’une femme plus âgée qu’elle, là dans l’immeuble et jusque là ses recherches étaient restées infructueuses.

Sonner aux portes son tempérament timide l’en empêchait.

Cette femme mystérieuse l’impressionnait, elle en avait des visions récurrentes.

Alors elle eut l’idée de déposer des annonces dans les boites aux lettres de l’immeuble.

Son annonce restait vague car cette femme qu’elle cherchait elle ne la connaissait qu’en rêve.

Mais un beau jour en réponse à son annonce on sonna à sa porte.

Le coeur tremblant elle ouvrit. Est-ce que c’était elle ?

C’était le gardien de l’immeuble qui, fort aimable, venait lui proposer son aide.

Il pensait à cette femme souvent en voyages qui ne demeurait jamais longtemps dans son duplex luxueux.

Elle était élégante selon ses dires avec un léger accent dont il ne pouvait déterminer la provenance.

Elle était absente et il ne connaissait pas la date de son retour.

Tout ce qu’il s’avait d’elle c’est qu’elle était attachée d’ambasssade et souvent en missions à l’étranger.

Son âge ? la quarantaine tout au plus, une femme d’allure élégante.

La jeune femme sentait le trouble la gagner.

Cette femme avait bien le profil de celle qu’elle cherchait depuis longtemps.

Soudain elle comprit l’étrangeté qu’elle pouvait ressentir au contact des autres.

Cette femme est d’origine étrangère sans aucun doute et là pouvait s’éclaircir le mystère.

Un lien de parenté peut-être, un logis perdu à retrouver.

Elle remercia le gardien pour son aide précieuse et se dit qu’elle avait là une piste sérieuse.

Elle n’avait qu’à guetter la date de son retour et se présenter à elle, si elle l’osait.

Des liens d’affinités déjà se dessinaient à distance entre les deux femmes.

Il lui semblait que le fait de la rencontrer pourrait agir comme un philtre salvateur sur son sentiment d’étrangeté, qui, toujours la mettait mal à l’aise seul comme en société.

Avec cette femme mystérieuse tout deviendrait clair comme dans un miroir.

Elle pensait toucher au but après des années de recherches vaines.

Elle se disait en son for intérieur que c’était elle cette femme, la belle étrangère qui lui ressemblait à telle point qu’elles se confondaient en rêve.

L’objet de sa quête était si proche.

Après une promenade méditative au parc elle rentra chez elle soulagée.

Il suffisait d’attendre son retour.

Un miracle ferait le reste.