Une poudre de glacis centrifuge est déposée au creux de mes paumes carrées.
Elle n’est pas douloureuse et je me surprends à vouloir la goûter.
Elle m’évoque ces champs vastes où les arbres égrènent un chant d’aurore.
Vite, on est loin, un peu perdus dans la nuit mais les arbres sont nos compagnons de fortune.
On s’amuse à gratter leur écorce et la sciure vient nous recouvrir en chantant à la lune.

Le soleil se lève au petit matin qui décline.
Toujours près des arbres nous entamons un dialogue avec eux en les enserrant de nos bras tendres.
Un fluide parcourt notre corps et l’énergie vitale circule à foison de peau.
Une énergie terrestre, ancestrale, acquise au cieux.
Ceci est notre point de ressourcement.
Le soleil est maintenant au zénith.
En ces territoires boisés, même réduits à de la sciure, le nom de la montagne dorée est prononcé plusieurs fois sous forme d’incantations poétiques.
Chaque ligne laisse un espace au silence, signe de l’insigne présence.
Assis en rond, nous échangeons nos plumes car l’on ne caresse qu’une fois l’au-delà.
Il fait chaud et la sueur goutte sur nos feuilles marquants des points de suspension.