23 juin 2008
froufroutant
au pied de mon immeuble
ile est un arbre
de quatre étages
18 juin 2008
si toi
qui que tu sois
aimé ou chère
tu te désolidarises de moi
alors je me désolidarise de moi
en attaque féroce
16 juin 2008
aménité
tous le jours
j'entends une petite voix douce
et familière
qui me dit bonjour
et qui je suis aussi
je suis dans mon sujet
11 juin 2008
une métaphore du livre fermé
Si l'on admet que le texte et au-delà de lui le livre est une entité quasi close avec ses propres lois cependant traversé de courants d'air (référants, parenté avec d'autres textes, etc...)on peut lire le texte qui suit comme une métaphore du livre fermé peut-être.
Métaphore, j'adore, figure d'analogie consistant à désigner une idée ou un objet par un un terme convenant à une autre idée ou un autre objet en raison d'une ressemblance perçue par l'esprit, j'adore l'idée de cette ressemblance complètement subjective perçue par l'esprit.
Heureux les métaphoriciens, phéniciens de la poésie pure !!!
Au bord du fleuve sec, il y a la cité des HLM. C'est une véritable cité en elle-même, avec des dizaines d'immeubles, grandes falaises de béton gris debout sur les esplanades de goudron, dans tout le paysage de collines de pierres, de routes, de ponts, avec le lit de galets poussiéreux du fleuve, et l'usine de crémation qui laisse flotter son nuage âcre et lourd au-dessus de la vallée. Ici, on est loin de la mer, loin de la ville, loin de la liberté, loin de l'air même, à cause de la filmée de l'usine de crémation, et loin des hommes, parce que c'est une cité qui ressemble à une ville désertée. Peut-être qu'il n'y a personne en vérité, personne dans ces grands immeubles gris aux milliers de fenêtres rectangulaires, personne dans ces cages d'escalier, dans ces ascenseurs, et personne encore dans ces grands parkings où sont arrêtées les autos ? Peut-être que ces fenêtres et ces portes sont murées, aveuglées, et que plus personne ne peut sortir de ces murs, de ces appartements, de ces caves ? Mais ceux qui vont et viennent entre les grandes murailles grises, hommes, femmes, enfants, chiens parfois, ne sont-ils pas comme des fantômes sans ombre, insaisissables, introuvables, aux yeux vides, perdus dans l'espace sans chaleur, et ils ne peuvent jamais se rencontrer, jamais se trouver, comme s'ils n'avaient pas de vrai nom.
De temps en temps passe une ombre, fuyante entre les murs blancs. On voit le ciel parfois, malgré la brume, malgré l'épais nuage qui descend de la cheminée de l'usine de crémation, à l'ouest. On voit des avions aussi, un instant échappés des nuées, traçant derrière leurs ailes étincelantes de longs filaments cotonneux.
Mais il n'y a pas d'oiseaux par ici, ni de mouches, ni de sauterelles. Parfois il y a une coccinelle égarée sur les grands parkings de ciment. Elle marche sur le sol, puis elle essaie d'échapper, volant lourdement vers les bacs à fleurs pleins de terre craquelée, où il y a un géranium brûlé.
J.M.G. Le Clézio, Ariane (in La Ronde et autres faits divers, 1982).
09 juin 2008
mille fois merci
deux des trois fois
où j'ai été rappelée
à une vie antérieure
j'étais "juive orthodoxe"
en ce point d'extrême inappétance
pour les choses de la vie
telles que la chair, la bonne chair,
où le coeur même des livres
n'était plus ouvert
artichaud, archi-chaud
fermés
et voilà pourquoi
par deux froid
je me suis réfugiée de mon propre chef
en milieu clos
pour ne pas me voir définitivement
explosés mes semis d'existence
et voilà le blême ne pas répondre
à un appel tonitruand(vocare)
qui me tue à coup sur
mais au fond n'y ai-je pas répondu
à ma manière d'ascète dans les lettres
talmudiant sur les blogs
contemporaine
de Socrate aujourd'hui
déambulant dans l'agora
en transigeance déçue mais
en quête de Dialogues infinis ?
affichant une faconde insolite
qui suscite l'étonnement
je le vois bien
mais c'est l'âme-lame-larme
fatale blottie
n'empêche que j'ai du coeur
pour toi ma soeur parfois
et là on peut s'entendre
et tu me sauves un peu de moi
me montrant une autre voie
que je vois souvent
à cause de ce qui précède
comme
étant celle de la lobotomie
(j'ai retrouvé le mot)
sorry
la pensée est une fleur
08 juin 2008
as de coeur as de pique
absence,
absences démultipliées
terreur
crève-coeur
sans âge
écriture rescue
sans affects
un soupçon de paix
07 juin 2008
l'ultralucide filandreux voudrait parler
Douce, douce, douce
épouse la forme des clefs
de ta geôlière
pour lui en subtiliser le secrêt
le secrêt de la maison moi
sans en devenir l'épouse
en noces mortifères.
Il est des passantes éléctriques
autant de promesses de paradis
qu'on y goûterait
du précipice
pour voir si le précipité alchimique
prend.
Comment aimez-vous ?
Comme vous vivez.
A l'assaut de la forteresse culturelle
inconnue
et qui pourtant vous habite de ses images princepts
dont vous êtes le jouet
en rejouant ses scènes primitives.
L'ultraface et l'ultralucide.
Lorsque l'on s'égorge à feu et à sang
quelle scène de sacrifice se refait là ?
Sous l'ultraface de quelle icône ?
L'ultralucide aime à voir
non pas pour ne pas sombrer
originellement
mais pour être émerveillé au-delà
de la catastrophe contingente ?
Par delà le fil et sur lui aussi
l'ultralucide devrait être filandreux
et éclairer des niches de sombritude.
Qu'il n'ait pas la parole
le fait est là.
Laissons-le parler...
soleil levant
peut-être
qu'en assemblant
des bouts de ficelle à d'autres bouts de ficelles
le jour ressemblera à l'été
et l'été à l'été
soleil levant
01 juin 2008
deux adjuvants mon adjudant
the opening day
fight, fight, fight
until the opening day
and when it comes
rub your eyes,
feel your tiresome body
and rest, nestle
in flight

