l'architecture des mots-the architecture of words

blog dédié à la poésie et à la philosophie-a blog dedicated to poetry and philosophy

23 juin 2008

froufroutant

au pied de mon immeuble

ile est un arbre

de quatre étages

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18 juin 2008

si toi

qui que tu sois

aimé ou chère

tu te désolidarises de moi

alors je me désolidarise de moi

en attaque féroce

Posté par benee à 21:44 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juin 2008

aménité

tous le jours

j'entends une petite voix douce

et familière

qui me dit bonjour

et qui je suis aussi

je suis dans mon sujet

Posté par benee à 21:48 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juin 2008

une métaphore du livre fermé

Si l'on admet que le texte et au-delà de lui le livre est une entité quasi close avec ses propres lois cependant traversé de courants d'air (référants, parenté avec d'autres textes, etc...)on peut lire le texte qui suit comme une métaphore du livre fermé peut-être.
Métaphore, j'adore, figure d'analogie consistant à désigner une idée ou un objet par un un terme convenant à une autre idée ou un autre objet en raison d'une ressemblance perçue par l'esprit, j'adore l'idée de cette ressemblance complètement subjective perçue par l'esprit.
Heureux les métaphoriciens, phéniciens de la poésie pure !!!

Au bord du fleuve sec, il y a la cité des HLM. C'est une véritable cité en elle-même, avec des dizaines d'immeubles, grandes falaises de béton gris debout sur les esplanades de goudron, dans tout le paysage de collines de pierres, de routes, de ponts, avec le lit de galets poussiéreux du fleuve, et l'usine de crémation qui laisse flotter son nuage âcre et lourd au-dessus de la vallée. Ici, on est loin de la mer, loin de la ville, loin de la liberté, loin de l'air même, à cause de la filmée de l'usine de crémation, et loin des hommes, parce que c'est une cité qui ressemble à une ville désertée. Peut-être qu'il n'y a personne en vérité, personne dans ces grands immeubles gris aux milliers de fenêtres rectangulaires, personne dans ces cages d'escalier, dans ces ascenseurs, et personne encore dans ces grands parkings où sont arrêtées les autos ? Peut-être que ces fenêtres et ces portes sont murées, aveuglées, et que plus personne ne peut sortir de ces murs, de ces appartements, de ces caves ? Mais ceux qui vont et viennent entre les grandes murailles grises, hommes, femmes, enfants, chiens parfois, ne sont-ils pas comme des fantômes sans ombre, insaisissables, introuvables, aux yeux vides, perdus dans l'espace sans chaleur, et ils ne peuvent jamais se rencontrer, jamais se trouver, comme s'ils n'avaient pas de vrai nom.
  De temps en temps passe une ombre, fuyante entre les murs blancs. On voit le ciel parfois, malgré la brume, malgré l'épais nuage qui descend de la cheminée de l'usine de crémation, à l'ouest. On voit des avions aussi, un instant échappés des nuées, traçant derrière leurs ailes étincelantes de longs filaments cotonneux.
  Mais il n'y a pas d'oiseaux par ici, ni de mouches, ni de sauterelles. Parfois il y a une coccinelle égarée sur les grands parkings de ciment. Elle marche sur le sol, puis elle essaie d'échapper, volant lourdement vers les bacs à fleurs pleins de terre craquelée, où il y a un géranium brûlé.

J.M.G. Le Clézio, Ariane (in La Ronde et autres faits divers, 1982).

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09 juin 2008

mille fois merci

deux des trois fois

où j'ai été rappelée

à une vie antérieure

j'étais "juive orthodoxe"

en ce point d'extrême inappétance

pour les choses de la vie

telles que la chair, la bonne chair,

où le coeur même des livres

n'était plus ouvert

artichaud, archi-chaud

fermés

et voilà pourquoi

par deux froid

je me suis réfugiée de mon propre chef

en milieu clos

pour ne pas me voir définitivement

explosés mes semis d'existence

et voilà le blême ne pas répondre

à un appel tonitruand(vocare)

qui me tue à coup sur

mais au fond n'y ai-je pas répondu

à ma manière d'ascète dans les lettres

talmudiant sur les blogs

contemporaine

de Socrate aujourd'hui

déambulant dans l'agora

en transigeance déçue mais

en quête de Dialogues infinis ?

affichant une faconde insolite

qui suscite l'étonnement

je le vois bien

mais c'est l'âme-lame-larme

fatale blottie

n'empêche que j'ai du coeur

pour toi ma soeur parfois

et là on peut s'entendre

et tu me sauves un peu de moi

me montrant une autre voie

que je vois souvent

à cause de ce qui précède

comme

étant celle de la lobotomie

(j'ai retrouvé le mot)

sorry

la pensée est une fleur

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08 juin 2008

as de coeur as de pique

absence,

absences démultipliées

terreur

crève-coeur

sans âge

écriture rescue

sans affects

un soupçon de paix

Posté par benee à 19:58 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 juin 2008

l'ultralucide filandreux voudrait parler

Douce, douce, douce

épouse la forme des clefs

de ta geôlière

pour lui en subtiliser le secrêt

le secrêt de la maison moi

sans en devenir l'épouse

en noces mortifères.

Il est des passantes éléctriques

autant de promesses de paradis

qu'on y goûterait

du précipice

pour voir si le précipité alchimique

prend.

Comment aimez-vous ?

Comme vous vivez.

A l'assaut de la forteresse culturelle

inconnue

et qui pourtant vous habite de ses images princepts

dont vous êtes le jouet

en rejouant ses scènes primitives.

L'ultraface et l'ultralucide.

Lorsque l'on s'égorge à feu et à sang

quelle scène de sacrifice se refait là ?

Sous l'ultraface de quelle icône ?

L'ultralucide aime à voir

non pas pour ne pas sombrer

originellement

mais pour être émerveillé au-delà

de la catastrophe contingente ?

Par delà le fil et sur lui aussi

l'ultralucide devrait être filandreux

et éclairer des niches de sombritude.

Qu'il n'ait pas la parole

le fait est là.

Laissons-le parler...

Posté par benee à 23:29 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

soleil levant

peut-être

qu'en assemblant

des bouts de ficelle à d'autres bouts de ficelles

le jour ressemblera à l'été

et l'été à l'été

soleil levant

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01 juin 2008

deux adjuvants mon adjudant

amiti_

Posté par benee à 23:21 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

the opening day

fight, fight, fight

until the opening day

and when it comes

rub your eyes,

feel your tiresome body

and rest, nestle

in flight

Posté par benee à 21:38 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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